Psychothérapie effets secondaires​ : ce qu’il faut savoir et comment se préparer ?

Points clésPrécisions
⚠️ Effets secondaires fréquentsEntre 3 et 15% des patients subissent une aggravation de leur état
😔 Manifestations courantesAnxiété accrue, fatigue mentale, troubles du sommeil et émotions intenses
🔍 Risques selon l’approcheLes techniques d’exposition peuvent intensifier temporairement les symptômes traités
🤝 Alliance thérapeutique essentielleChoisir un thérapeute de confiance et communiquer ouvertement sur son ressenti
✅ Efficacité globale confirmée70% des patients se sentent mieux après une psychothérapie bien menée

Je vais être honnête avec vous : pendant mes vingt ans de carrière, j’ai rencontré un bon nombre de dirigeants qui m’ont dit, avec un petit rire gêné, qu’ils n’osaient pas aller voir un psy « de peur d’en ressortir encore plus mal qu’en entrant ». Et savez-vous quoi ? Cette crainte n’est pas totalement infondée. La psychothérapie peut effectivement générer des effets secondaires, et j’aimerais vous en parler franchement aujourd’hui.

Je me souviens d’une chef d’entreprise que j’accompagnais il y a quelques années, qui avait entamé un travail thérapeutique en parallèle de notre coaching. Elle m’avait confié, un peu déstabilisée : « Eric, depuis que j’ai commencé, j’ai l’impression que tout remonte à la surface. Je dors mal, je suis irritable… est-ce normal ? » Je lui avais répondu que oui, malheureusement. Entre 3 et 15% des personnes vivent une aggravation significative de leur état selon certaines études, et jusqu’à 56,6% rapportent au moins un effet secondaire.

Quand on se lance dans une psychothérapie, on s’attend souvent à aller mieux rapidement. La réalité est plus nuancée. Les émotions fortes constituent l’un des effets les plus fréquents : tristesse intense, colère débordante, anxiété amplifiée. Je compare souvent cela à une vieille maison qu’on rénove. Quand on commence les travaux, ça fait du bruit, de la poussière, et pendant quelques semaines, c’est moins agréable qu’avant. Mais c’est nécessaire pour bâtir du solide.

Parmi les effets secondaires les plus courants, on retrouve :

  • 😔 Une augmentation temporaire de l’anxiété ou des crises de panique
  • 😴 Une fatigue mentale et physique importante
  • 💭 Une conscience accrue de problèmes qu’on préférait ignorer
  • 😰 Des troubles du sommeil et des maux de tête
  • 🤔 Une résistance interne face aux changements proposés

Lors d’une conférence à la CCI, j’avais évoqué le cas d’un patient de 38 ans suivi en TCC pour des attaques de panique. Son anxiété avait grimpé pendant six semaines lors de l’exposition progressive aux situations qu’il redoutait, avant de finalement diminuer. Ce phénomène d’aggravation transitoire fait partie du processus, mais personne ne nous prévient vraiment.

Ce qui m’inquiète davantage, c’est la dépendance au thérapeute. J’ai vu des entrepreneurs consulter trois fois par semaine, incapables de prendre la moindre décision sans l’aval de leur psy. Cette dynamique transforme la thérapie en béquille permanente plutôt qu’en tremplin vers l’autonomie. L’analyse factorielle identifie trois dimensions : l’assujetissement, le besoin de contact constant, et le manque d’alternative perçu. Franchement, ce n’est pas ce qu’on recherche quand on entame un travail sur soi.

Toutes les psychothérapies ne se valent pas en termes de risques. Les techniques d’exposition, par exemple, peuvent intensifier temporairement les symptômes qu’elles cherchent à traiter. C’est un peu comme si on vous demandait de plonger dans la piscine alors que vous avez peur de l’eau. Oui, à terme, ça peut aider. Mais sur le moment, c’est terrifiant.

Dans mon réseau d’entrepreneurs locaux, j’ai croisé quelqu’un qui avait testé l’EMDR et ses éventuels effets secondaires. Son expérience m’a interpellé : les séances avaient réveillé des traumatismes enfouis, provoquant des nuits blanches et une détresse émotionnelle pendant plusieurs semaines. Les psychothérapies basées sur l’exposition peuvent majorer les symptômes durant les séances ou dans les heures qui suivent.

Type d’approcheEffets secondaires possiblesFréquence
🔍 PsychanalyseRemontée de souffrances passées, mal-être intenseModérée à élevée
🧩 TCC avec expositionAugmentation temporaire des crises et de l’anxiétéFréquente mais temporaire
💬 Thérapie de groupeInfluence négative des pairs, augmentation des troublesVariable
🧘 RelaxationParadoxalement, attaques de panique chez certainsRare mais possible

Certaines approches sont carrément potentiellement dangereuses. Le Critical Incident Stress Debriefing peut induire un stress post-traumatique chez certains patients. Les thérapies de mémoire retrouvée, parfois pratiquées en PNL ou en énergétique, risquent de créer de faux souvenirs. Je trouve ça effrayant. D’ailleurs, si vous vous intéressez aux débats autour des pratiques thérapeutiques, l’amendement 159 et le déremboursement de la psychanalyse illustrent bien ces tensions.

Heureusement, des stratégies existent pour réduire les effets indésirables. La première, et la plus importante selon moi, c’est l’alliance thérapeutique. Si vous ne vous sentez pas en confiance avec votre thérapeute, si vous avez l’impression qu’il ne vous écoute pas vraiment, fuyez. Sérieusement. L’alliance thérapeutique représente un facteur principal du succès et limite les risques d’effets négatifs.

Je conseille toujours de :

  • 💬 Communiquer ouvertement sur ce que vous ressentez pendant et après les séances
  • ⏸️ Accepter de faire des pauses si les effets deviennent accablants
  • 🧘‍♂️ Pratiquer des techniques d’auto-soins : méditation, exercice physique, pleine conscience
  • 👥 Maintenir un soutien social de qualité autour de vous
  • 🔍 Ne pas hésiter à demander un second avis si vous doutez

Un thérapeute compétent doit vous informer des risques potentiels. Le consentement éclairé n’est pas une option, c’est une obligation déontologique. Malheureusement, beaucoup de praticiens ont des difficultés à identifier les effets indésirables chez leurs patients. Ils surestiment leur efficacité et sous-estiment les dommages qu’ils peuvent causer.

Je fais souvent le parallèle avec d’autres disciplines que je connais bien. La sophrologie et la psychologie, par exemple, n’ont pas les mêmes implications ni les mêmes risques. Choisir la bonne approche pour votre situation particulière réduit considérablement les chances d’effets négatifs.

À titre personnel, j’estime qu’un accompagnement psychothérapeutique devrait systématiquement prévoir une évaluation régulière des effets secondaires. Environ 70% des personnes se sentent mieux après une psychothérapie, 20% n’observent pas de changements, et 10% vont moins bien. Ces 10% méritent qu’on s’y intéresse sérieusement.

La psychothérapie reste, malgré tout, l’une des interventions les plus efficaces du domaine médical, avec une taille d’effet moyenne de 0,82 sur un an, bien supérieure aux antidépresseurs. Ses effets sont durables parce qu’elle agit sur les symptômes et sur le fonctionnement global. Mais cela n’excuse pas qu’on ferme les yeux sur ses risques. Reconnaître que la psychothérapie peut parfois provoquer des réactions négatives permet d’en limiter l’impact et d’orienter vers des solutions plus sûres.

1 commentaire
  1. salut, pouvez-vous m’envoyer ce document s’il vous plais !!!

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